La circulation des personnes et des biens sur les axes routiers dans les pays de la CEMAC comporte beaucoup d’anomalies caractérisées par les accidents fréquents qui causent de nombreuses pertes en vies humaines, des invalidités temporaires ou permanentes, des pertes ou la détérioration des marchandises et autres biens de grande valeur économique. Pourtant, l’intensification des échanges et des biens matériels et immatériels à travers plusieurs pays d’une communauté économique est source de croissance et donc de lutte contre la pauvreté. C’est donc à juste titre que l’Union Européenne soutien la mise en œuvre du Programme de Facilitation des Transports en Afrique Centrale (FASTRAC) de la CEMAC.
Ce programme vise l’amélioration de la libre circulation des personnes et des biens dans la zone CEMAC, ainsi que Sao-Tomé et Principe par le respect des règlementations communautaires, la mise en place des infrastructures nécessaires à l’élimination des barrières non tarifaires.
La stratégie d’intervention du FASTRAC est axée sur :
- La levée des obstacles physiques et non physiques au passage des frontières à travers la construction et l’équipement des postes frontières juxtaposés sur les frontières Cameroun-République Centrafricaine et Cameroun-Tchad et par l’interconnexion du système douanier automatisé (SYDONIA) dans les sept Etats de la région, dans l’optique d’éliminer les déclarations douanières manuelles.
- La convergence des politiques nationales et l’application de la législation communautaire dans le domaine du transport par leur mise en cohérence, leur promotion et une plus grande vulgarisation et par la création d’un observatoire des pratiques routières anormales et la publication des résultats qui serviront d’indicateurs de suivi.
- L’amélioration de la chaîne de transit régionale par la mise en œuvre opérationnelle de la procédure de transit inter-Etats des pays de l’Afrique Centrale (TIPAC), le renforcement des capacités des acteurs intervenant dans la chaîne de transit et l’amélioration des interfaces intermodales.
Ces mesures, dès lors qu’elles rentrent en application, vont favoriser l’ancrage institutionnel de la CEMAC dans le train de la libéralisation du commerce et, ainsi, donner les meilleurs moyens à cette institution afin qu’elle puisse réaliser sa politique de « libre circulation des personnes, des biens, des services et capitaux ». Or, on constate pour le moment que ces nobles objectifs ne pourraient être atteints si les IST/VIH/SIDA, les accidents de la circulation et la dégradation des infrastructures routières continuent leur progression inexorable dans les pays de la sous-région et notamment le long des corridors de transit Douala-Bangui d’une part et Douala-Ndjamena d’autre part.
